« Notre pays dispose d’une belle nature »

ecotourisme

Brahim Abouelabbes, président de L’Association marocaine pour l’Écotourisme et la Protection de la nature.

Qu’est-ce qu’on entend par écotourisme ?
Il s’agit en fait d’une relation tripartite liant le voyageur, le milieu naturel et l’habitant local. L’écotourisme implique de voyager pour apprendre et apprécier la nature sous toutes ses formes, sans la modifier ni la perturber et de promouvoir l’éducation environnementale afin d’initier les jeunes générations à découvrir cette nature dans toute sa beauté et sa complexité.

Des clubs d’écotourisme ont été implantés un peu partout dans le Royaume. En quoi consiste leur mission ?
La multiplication des clubs d’écotourisme au niveau national a pour objectif la promotion du concept. Ils devraient être organisés en petits groupes et mener des voyages pour mieux connaître les espaces naturels et les dangers menaçant ces derniers. Paradoxalement, l’écotourisme peut dériver sur une activité de masse et occasionner des dégâts. Notre association encourage donc ces clubs à œuvrer pour la conservation et le développement local avant de penser aux recettes financières.

Votre association prévoit de mener des activités dans le cadre du projet « Salé ville verte». Qui-est-ce qui motive cette initiative ?
Ces activités ont démarré depuis avril 2012. L’ initiative est liée à notre participation à un atelier organisé à Salé en 2010.
Les autorités ont présenté leur projet de déclarer Salé « ville verte à l’horizon 2020 » à l’instar de Rabat. Réaménager la ville, augmenter les espaces verts, améliorer l’environnement des quartiers sont les principales actions à entreprendre. Le projet cible également les élèves des écoles publiques, qui bénéficieront d’une journée d’éducation environnementale dans la forêt de la Maâmora et dans d’autres espaces verts. Des jeux éducatifs sont aussi prévus pour leur montrer le rôle de ces espaces et de la biodiversité dans la vie de tous les jours.

l’AMEPN a planifié en parallèle des visites dans des parcs nationaux, comme ceux de Tazekka et d’Al Hoceima. Dans quel but ?
C’est une campagne en faveur de l’environnement et de la biodiversité. Nous voulons montrer que notre pays dispose d’une nature diversifiée et remarquablement belle : de la mer au désert, de la plaine à la montagne, des forêts aux oasis. Tous ces écosystèmes et ces paysages attendent d’être qualifiés de « produits écotouristiques ». Vous aviez initié en 2005 « Le projet d’aménagement du parc naturel de Sidi Amira » dans la forêt de Maâmora, en concertation avec le ministère de l’environnement et les autorités locales.

Qu’est devenu ce projet ?
C’est le premier site périurbain ayant connu une telle importance. Six partenaires ont contribué financièrement à l’ aménagement de cet espace qui accueille annuellement plus de 500.000 visiteurs en provenance de Rabat-Salé. Le projet a presque entièrement été réalisé et dispose de parkings, d’une clôture pour préserver le site, de blocs sanitaires alimentés en eau potable, de circuits pédestres, d’une signalétique et d’un kiosque à information. Il a été démarré avec un budget de 4 650 000 DH, alloué par le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification, le Département de l’Environnement, les communes Rurales de Ameur et de Sehoul, le Conseil Provincial de Salé et l’ONEP. Actuellement, un grand effort de sensibilisation et d’éducation à l’environnement est à déployer pour inculquer aux visiteurs le respect et le maintien de ces installations.

En début septembre vous aviez pris part au Congrès Mondial de la nature en Corée du Sud. Quelles sont les principales clauses de cette rencontre ?
C’était l’ occasion de formuler des recommandations et des résolutions en relation avec la conservation de la nature, la gouvernance des espaces naturels et la mise en place des aires protégées. Le congrès de 2012 a adopté 186 motions en relation avec la quasi-totalité des problématiques environnementales actuelles à l’échelle locale et globale. Durant cette rencontre, nous avons soumis une motion sur la conservation des écosystèmes oasiens, également adoptée par l’Assemblée Générale.  Nous voulions aussi faire entendre la voix des ONG marocaines dans le mouvement écologique mondial, en sollicitant l’appui aux initiatives nationales de sauvegarde des oasis. Notre pays a fait un grand pas en la matière, en créant une agence spécialement dédiée aux oasis et à l’arganier. Je souhaite personnellement mettre exergue les résultats de cette agence lors du prochain congrès mondial de la nature en 2016.

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