​L’OPM inaugure un nouveau cycle de concerts “commentés”

Du 2 au 6 décembre prochain, le célèbre pianiste et compositeur français, Jean-François Zygel, sera l’invité de l’Orchestre philarmonique du Maroc (OPM), pour animer un nouveau cycle de concerts, intitulé « A More »

​Le programme de réduction des risques de consommation de drogues en danger

Le personnel du Centre médico-psychologique Hasnouna à Tanger vit sous la menace et fait l’objet d’intimidation de la part de certains délinquants. C’est le cas du Dr Salhi Mohamed, directeur dudit Centre More »

​L’OPM inaugure un nouveau cycle de concerts “commentés”

​L’OPM inaugure un nouveau cycle de concerts “commentés”
Du 2 au 6 décembre prochain, le célèbre pianiste et compositeur français, Jean-François Zygel, sera l’invité de l’Orchestre philarmonique du Maroc (OPM), pour animer un nouveau cycle de concerts, intitulé « A la rencontre d’une œuvre », dont le principe consiste à jouer et à commenter une œuvre tout à la fois. Le but étant de transmettre les clés de compréhension de la musique classique au public marocain. «Cette année, l’OPM inaugure une nouvelle série de concerts exceptionnels, qui ouvrira les portes du savoir avec des représentations commentées. Afin de mieux comprendre et apprécier la Grande musique classique», indique un communiqué des organisateurs. 
Le concept des concerts « commentés » est simple et efficace. Une grande œuvre symphonique est interprétée par l’orchestre. Et chaque mouvement est progressivement analysé par Jean-François Zygel, en interaction avec les spectateurs, afin que ces  derniers écoutent ce mouvement tout en ayant des clefs de compréhension. 
Compositeur et pianiste de talent, Jean-François Zygel renouvelle le concert classique en l’ouvrant à l’improvisation, au jazz, aux musiques du monde et à la danse. Son dernier album d’improvisation, « Double Messieurs (Naïve) », en duo avec le pianiste de jazz Antoine Hervé, constitue ainsi un véritable « carnet de voyage » des concerts donnés pendant la saison 2009-2010. Il dispute, par ailleurs, de nombreuses battles avec d’autres improvisateurs comme Chilly Gonzales, Didier Lockwood, Bobby McFerrin, Bruno Fontaine, Andy Emler, ou encore Yaron Herman. 
Répondant à une question sur la place que tient la musique dans sa vie, Jean-François Zygel a précisé qu’il se souvient très bien que c’est en écoutant un orchestre qu’est née sa vocation de musicien, à peine âgé de 8 ans. « A chaque fois que j’entends un orchestre, même quelques minutes, même à travers une porte lors d’une répétition, je me sens happé par le mystère et la beauté qui se dégagent de ces forces conjuguées », a-t-il souligné, tout en indiquant : « Dans ma vie de musicien, j’ai souvent eu l’occasion de tenir la partie de piano au sein d’un orchestre. Quelques notes à jouer, un aigu scintillant, une basse à renforcer suffisaient à ma joie, à ce sentiment de plaisir impossible à décrire. On peut bien sûr vivre sans orchestre. Mais on vit moins bien, j’en suis persuadé ».
Concernant les concerts d’improvisation qu’il donne de plus en plus, Jean-François Zygel a déclaré : « C’est quand même une drôle d’histoire, l’improvisation. Le public ne sait pas ce qu’il va entendre et l’improvisateur ne sait pas ce qu’il va jouer. Quand on improvise, il faut être à la fois à son affaire et ailleurs, comme dédoublé. Il faut guider, conduire, construire au moment même où l’on joue ; et en même temps lâcher prise, laisser quelque chose s’établir entre le soi de la surface et le soi des profondeurs ». Et d’ajouter : « J’ai pris l’habitude d’aller de ville en ville, de salle en salle, de pays en pays, sans partitions, sans programmes, avec seulement mes sensations et mes sentiments du moment (…) Ce qui me plaît bien, c’est qu’on peut improviser avec tout le monde. Avec un musicien de jazz comme avec un joueur de doudouk arménien, avec un beat-boxer comme avec un joueur de l’erhu chinois. En compagnie d’un danseur, d’un acteur ou d’un jongleur. Pour accompagner un film muet, ou juste avant de dormir, tout seul, chez soi ».
Pour ce qui est des publics visés par ces concerts, le pianiste français a affirmé sans détour que ce nouveau cycle de concerts est destiné à tout le monde. « Mais, il s’adresse à tous, bien entendu ! », dit-il. « Aux mélomanes comme à ceux qui n’ont jamais entendu un orchestre de leur vie. Je serai là pour les guider, leur expliquer, les éclairer. Tout leur semblera simple, limpide, et vous verrez qu’après cela ils n’auront plus qu’un désir : retourner au concert ! », a-t-il ajouté, avant de conclure : « Si je reviens au Maroc, c’est d’abord parce que c’est un pays magnifique. Mais surtout pour revoir ces visages d’enfants émerveillés, ces adultes fascinés par l’orchestre et par les grandes œuvres du répertoire symphonique, en bref pour transmettre à tous l’amour de la musique ». 


​La symphonie pastorale de Beethoven En ouverture du nouveau cycle de concerts de l’OPM
​L’OPM inaugure un nouveau cycle de concerts “commentés”
La Symphonie n° 6 en fa majeur, opus 68, de Ludwig van Beethoven, fut composée entre 1806 et 1808, en même temps que la fameuse Cinquième symphonie en ut mineur, mais dans un style foncièrement différent, voire antagoniste, car la Cinquième est une symphonie que l’on peut qualifier de “guerrière” et se termine par un chant de victoire, alors que la “Pastorale” est un chant de paix, un hymne à la nature et se termine par un chant de grâces. Seul un génie tel que Beethoven était capable de composer presque simultanément deux œuvres si opposées.


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​Le programme de réduction des risques de consommation de drogues en danger

​Le programme de réduction des risques de consommation de drogues en danger
Le personnel du Centre médico-psychologique Hasnouna à Tanger vit sous la menace et fait l’objet d’intimidation de la part de certains délinquants. C’est le cas du Dr Salhi Mohamed, directeur dudit Centre qui a été victime d’une tentative de meurtre et qui accuse de ce fait certaines parties d’être derrière les machinations visant à mettre en échec le programme de réduction des risques de consommation de drogue. Au vu de toutes les zones d’ombre qui planent sur cette affaire, Dr Es Salhi a adressé une lettre ouverte au ministre de la Santé et au ministre de la Justice et des Libertés, dont copie est parvenue à libé. 
Il revient en détail sur les faits incriminés. On apprend ainsi qu’en date du 5 juillet 2013, il a fait l’objet d’une tentative de meurtre au sein même du Centre Hasnouna, et ce en présence de plusieurs témoins. Respectant les procédures applicables en la matière, Dr Es Salmi s’est empressé de déposer une  plainte près de la police judiciaire. De même qu’il a adressé un courrier au ministère de la Santé l’informant desdits faits. Quelle ne fut sa surprise de découvrir que ledit délinquant était connu des services de police. Il n’a d’ailleurs été interpellé qu’une semaine après la tentative en question, pour être relâché par la suite  en vue d’approfondir l’enquête.  Tenant absolument à ce que justice lui soit rendue, Dr Es Salmi a frappé à toutes les portes. C’est ainsi que finalement le mis en cause a été arrêté le 19 juillet 2013. Il a été condamné à un mois de prison pour outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions. Une condamnation qui est loin de satisfaire Dr Es Salhi qui s’est senti submergé par un sentiment d’injustice . Il se dit même abandonné par son ministère de tutelle qui ne lui a assuré aucune protection. Les mêmes griefs vont d’ailleurs à l’encontre des instances judiciaires et sécuritaires.
Depuis, Dr Es Salhi se plaint de vivre au quotidien dans un climat de terreur et de menaces qui touche tous les employés du Centre. Une situation qu’il dénonce au plus haut point  et qui dénote       d’une  volonté manifeste d’avorter le programme d’addiction dirigé par le Centre Hasnouna, considéré du reste, comme une expérience unique en matière de réduction des risques de consommation de drogues et de prise en charge des utilisateurs. 
Pour toutes ces raisons, Dr Es Salhi interpelle les ministres concernés à ouvrir une enquête pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire .  


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​Le Brésil et l’Argentine éventuels sparring-partners pour le Onze national

​Le Brésil et l’Argentine éventuels sparring-partners pour le Onze national
Décidément, le programme de préparation du Onze national devra connaître des changements après la disqualification par la CAF du Maroc des phases finales de la CAN 2015, sans omettre que l’absence sur la scène continentale pourrait se prolonger davantage.
A cet effet, la commission fédérale chargée des équipes nationales est en train de chercher de nouveaux sparring-partners pour la sélection première et le choix cette fois-ci devrait porter sur des formations non africaines. Selon certaines sources, il se laisse entendre que les négociations sont avancées avec la Confédération brésilienne (CBF) et l’Association argentine (AFA) en vue de trouver un accord pour jouer des matches tests lors des premières dates FIFA de l’année 2015.
Donner la réplique à des sélections de cette envergure serait d’un bon apport pour l’équipe nationale qui aura à se mesurer à de sacrés morceaux du football mondial qu’elle a rarement croisés sur son chemin. Pour ce qui est du Maroc-Brésil, l’on compte jusqu’ici deux face-à-face. Le premier a été à titre amical à Belem le 9 octobre 1997 soldé par une victoire sur le score de 2 à 0 en faveur de la Seleçao. Celle-ci est parvenue également à s’imposer lors du Mondial français, un 16 juin 1998 à Nantes, sur la marque de 3 à 0.
Pour Maroc-Argentine, il y a eu également deux confrontations amicales, dont la première remonte au 20 avril 1994 à la ville de Salta et qui a tourné en faveur des Argentins (3-1). L’autre rencontre a eu lieu dix ans plus tard, le 28 avril 2004 au Complexe sportif Mohammed V à Casablanca, et une fois encore la victoire était revenue à l’Albicete (1-0).
Il convient de rappeler que bien avant la disqualification du Onze national par la CAF, suite à la requête du Maroc de reporter la CAN à une date ultérieure à cause du risque du virus Ebola, le sélectionneur national, Badou Zaki, était catégorique, ne voulant affronter aucun adversaire en dehors de l’Afrique. D’ailleurs au cours du programme de préparation de l’EN qui s’était étalé de mai dernier jusqu’à ce mois-ci, sur les neuf sparring-partners affrontés, seuls deux n’étaient pas du continent, à savoir la Russie et le Qatar.  
Après la décision de la CAF de disqualifier le Maroc de la CAN 2015 dont les phases finales auront lieu désormais en Guinée Equatoriale, la donne a changé maintenant et il serait beaucoup plus opportun pour l’équipe nationale de jouer des adversaires en dehors de l’Afrique, d’autant plus qu’ils font partie des grosses cylindrées comme le Brésil et l’Argentine.
Sauf que pour décrocher des matches face à des sélections de ce calibre, il faudrait se prendre à temps du fait que leur calendrier est trop chargé et chaque date FIFA est exploitée à bon escient.
Comme précité depuis l’arrivée de Badou Zaki aux commandes techniques de la sélection marocaine, celle-ci a pu disputer pas moins de neuf matches tests. 
Le Onze national avait entamé sa campagne préparatoire par un stage au Portugal au mois de mai dernier au cours duquel il avait gagné la rencontre du Mozambique par 4 à 0, avant de céder le pas par 2 à 0 face à l’Angola. Ensuite, l’équipe marocaine s’était envolée début juin pour Moscou, virée sanctionnée par une défaite devant la Russie, également sur la marque de 2 à 0.   
 Au mois d’août, le Onze national avait été accroché, au Complexe Mohammed V à Casablanca, par le Qatar (0-0), avant de prendre le meilleur en octobre au Grand stade de Marrakech sur la Libye et le Kenya sur le score identique de 3 à 0, en plus de l’équipe centrafricaine (4-0). 
Les deux derniers matches du mois de novembre, qui ont eu pour cadre le stade d’Adrar d’Agadir, ont vu les partenaires d’Omar Kadouri tailler en pièces la formation béninoise par 6-1 et surclasser l’équipe du Zimbabwe par 2 à 1.  

Les précisions d’Ouzzine

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Ouzzine, a assuré, mardi à Rabat, que la CAF n’a pris aucune décision de sanctions ou d’amendes à l’encontre du Maroc, suite à sa demande de report de l’organisation de la CAN de football.
En réponse à une question orale à la Chambre des conseillers sur la préparation du Maroc pour abriter la Coupe du monde des clubs, M. Ouzzine a fait savoir que les supputations concernant d’éventuelles sanctions ou amendes infligées par la CAF contre le Maroc sont “dénuées de tout fondement”, ajoutant que le dossier du Maroc est “fort et se base sur des considérations sanitaires et humanitaires”.
S’agissant de la Coupe du monde des clubs, M. Ouzzine a souligné que le Maroc dispose de toutes les potentialités et infrastructures nécessaires à même d’assurer un franc succès à cette compétition mondiale.


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Les dernière pluies favoriseront un bon démarrage de la campagne agricole 2014-2015

Les dernière pluies favoriseront un bon démarrage de la campagne agricole 2014-2015
La sécheresse de Sao Paulo sonne l’alarme sur la terre, selon un tout récent reportage de l’AFP. La région du sud-est du Brésil connaîtrait donc la pire sécheresse des 80 dernières années. Une situation qui alerte de nombreuses autres villes : la  déforestation, les températures plus élevées et l’expansion des centres urbains reproduisent ce désastre aux quatre coins de la planète. Mais si la force de la nature n’a pas gâté une partie du plus grand Etat d’Amérique latine, sous le ciel marocain, en revanche, elle a été plus que généreuse ces temps-ci par la grâce de Dieu. Ainsi, dans le Royaume du soleil couchant, en ce fin novembre, il n’a cessé de pleuvoir à flots jusqu’à causer même de fortes intempéries. De ce fait, le taux de remplissage global des grands barrages est passé de 53,8 58% durant la période 20-25 novembre 2014, soit une réserve d’eau stockée d’environ 9 milliards de m3, favorisé donc par les importantes et non moins exceptionnelles précipitations qui se sont abattues à cette date sur plusieurs régions du Royaume. En effet, selon un communiqué du ministère délégué chargé de l’Eau, le pays a connu un épisode pluvieux inaccoutumé qui a intéressé essentiellement les bassins du Tensift, Souss-Massa-Draâ, Ziz-Guir-Rheris et Sakia Al Hamra et Oued Eddahab. Voire même avec des hauteurs pluviométriques maximales dépassant 380 mm au niveau de certaines stations à l’instar du bassin d’Ourika. 
La même source ajoute que des crues importantes ont été également enregistrées au niveau des certains bassins comme essentiellement celui de Tensift (station Talmest 2500 m3/s et station Abadla 1400 m3/s), Ziz (station Tazarine 1780 m3/s et station FoumZaabel 700 m3/s), Draa (station Amantini 1570 m3/s), Dades et Haut Souss, tout en précisant que des apports notables ont été générés, avec près de 920 de Mm3 (millions de m3) durant cette période dans l’ensemble des barrages du Royaume. En conséquence, les principaux barrages ayant bénéficié de ces apports d’eau du 20 au 25 novembre courant sont notamment Mansour Eddahbi (427 Mm3), Hassan Eddakhil (80 Mm3), Moulay youssef (76 Mm3), Yacoub Mansour (58 Mm3), Aoulouz (33 Mm3), Abou El Abass Essebti (27 Mm3) et Mokhtar Soussi (21 Mm3).
En clair, le barrage de Mansour Eddahbi est passé de 51 à 100 %, Hassan Eddakhil de 19 à 44,8 %, Moulay Youssef de 33 à 85 %, Yacoub Mansour de 21 à 89,5 %, Aoulouz de 41 à 78,2 %, Mokhtar Soussi de 40 à 92,8 % et Abou El Abass Essebti de 75 à 100 %, souligne le communiqué. Dans la foulée, il met en exergue aussi que la situation de remplissage des barrages continuera de s’améliorer dans les jours à venir suite à la situation pluvieuse enregistrée. 
De plus, les précipitations et les écoulements enregistrés vont permettre une nette amélioration du niveau des nappes d’eau souterraines. Cette situation hydro-pluviométrique a, explique-t-on, permis de reconstituer les stocks des eaux superficielles et souterraines. Et au ministère de relever que ce stock permettra ainsi de satisfaire les besoins en eau potable des villes et des centres alimentés à partir des retenues de barrages, de satisfaire, dans de bonnes conditions, un bon démarrage de la campagne agricole 2014-2015 et de réaliser des turbinages exclusifs au niveau des barrages qui enregistrent des niveaux de remplissage élevés, pour la production de l’énergie hydroélectrique.
Certes ce sont de bonnes nouvelles pour beaucoup d’agriculteurs des différentes régions du Maroc, quoique ces intempéries n’aient pas apporté que de la joie. Elles ont, malheureusement, fait au mois 32 morts dans le Sud du pays et ravagé fortement plusieurs terrains agricoles. Mais là, il va sans dire que la responsabilité n’incombe pas aux seules précipitations. 


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Touhami Ennadre : Ce que j’ai enduré en banlieue m’a renvoyé à mes racines et m’a permis de découvrir que je venais d’une culture millénaire

Touhami Ennadre : Ce que j’ai enduré en banlieue m’a renvoyé à mes racines et m’a permis de découvrir que je venais d’une culture millénaire
Touhami Ennadre est un artiste de renommée internationale. Il est né dans l’ancienne Médina de Casablanca. Il a ensuite grandi à La Courneuve, en banlieue parisienne, dans un milieu difficile. Il n’avait pas beaucoup 
de  choix : devenir délinquant ou sportif.  Mais un cadeau de sa maman va le  sauver : un appareil photo qui 
va lui ouvrir la vie artistique 
à l’international, c’est 
la baraka de «sa mère» .
Il a déjà exposé dans les institutions les plus prestigieuses, telles que le Guggenheim Museum et Moma PS1 de New York, Jewish Museum of New York, la Documenta 11 de Kassel, la Maison 
européenne de la 
photographie à Paris, 
la Tate Galerie à Liverpool, la Villa Stuck à Munich, Martin Gropius Museum à Berlin, les Biennales de Sharjah et de Shangaï…

Libé : Vous exposez vos photos dans le cadre du « Maroc contemporain » à l’Institut du monde arabe (IMA) parmi les œuvres de 83 artistes venus de tous les horizons du Maroc. Que pensez-vous de cette manifestation ?

Touhami Ennadre : Je suis très heureux d’y participer. Cette exposition rencontre un exceptionnel succès auprès du public français et étranger, car c’est la première fois que la création contemporaine marocaine dans tous les domaines, (peinture, sculpture, design, installation, architecture, performance, photographie), est montrée aussi largement dans un pays européen. En tant qu’artiste, je suis extrêmement reconnaissant à Sa Majesté  le Roi Mohammed VI, d’avoir insufflé et soutenu une exposition d’une telle ampleur qui témoigne magnifiquement de la créativité artistique dans notre pays. En France, la plupart des gens croient qu’il n’y a que des artisans au Maroc. Pourtant, ils découvrent toute cette génération d’artistes qui questionnent leur société.

Comment vous êtes-vous tourné vers la photo, domaine artistique encore peu représenté au Maroc ?

Je ne peux pas parler de la photographie sans parler de ma vie, elles sont étroitement liées. Je suis né au Maroc, mais j’ai grandi à La Courneuve, dans la banlieue parisienne. C’était la « galère », là-bas, on n’avait pas le choix : devenir  délinquant ou sportif. Aujourd’hui, il y a du progrès, on peut devenir comique. Ma mère m’a mis un appareil photo entre les mains, peu avant sa mort, parce que, instinctivement, elle a pensé que cela me protègerait. Elle était tellement inquiète à l’idée que je devienne drogué ou voleur. Ce qui est fondamental dans ce cadeau maternel, c’est qu’elle se savait condamnée et elle a voulu donner un sens à ma vie. Dans la cité où l’on vivait, il y avait un centre culturel pour les jeunes et qui proposait plusieurs activités, dont un atelier de photo. Il était animé par un ancien officier de l’armée portugaise qui avait déserté. Il nous a initiés au tirage photographique dans un petit labo. C’est ainsi que les choses se sont enchaînées : j’ai appris au fur et à mesure tous les aspects de la création photographique, sans passer par une quelconque école.

Cette adolescence de fils d’immigré, en France, vous renvoyait-elle votre identité arabe ?

En effet, ce que j’ai enduré en banlieue m’a renvoyé à mes racines et m’a permis de découvrir que je venais d’une culture millénaire. Chez nous, il n’y a pas d’image, tout est imaginaire. Lorsque l’on passe dans la Médina, on ne voit rien, mais parfois, en poussant une porte, on découvre une maison dont l’esthétique, la magnificence ornementale coupent le souffle. En Europe, on vit dans une société où tout est dans l’image, tout est dans l’apparence. Ma démarche de photographe repose sur cette détermination à m’extraire de l’imagerie généralisée telle qu’elle se pratique en Occident. Ma petite enfance au Maroc a toujours été très présente en moi. Lorsque ma mère tissait des tapis traditionnels, dans la Médina, on n’avait pas l’électricité et j’éclairais ses mains de très près avec des bougies. C’est pour cette raison que je photographie de si près. J’ai commencé à développer mes photos moi-même et à apprendre que la photographie est un art entier qui n’a rien à voir avec les clichés et l’imagerie. Cela, je le dois à ma culture originelle. L’art ne s’apprend pas à l’école (je suis marrakchi), ma façon de travailler, d’anticiper, de bouger, je l’ai apprise dès mon enfance dans la rue. C’est dans ma ruelle que je me suis nourri, que j’ai appris, dans la Médina de Casablanca.

On voit, par exemple, dans l’exposition du Maroc contemporain, ces photographies de « homeless » en train de dormir que vous avez prises dans le métro de New York. Pouvez-vous nous dire comment vous faites  pour choisir vos sujets ?

Je ne choisis pas, je ne fais pas poser, ce sont les événements et la lumière qui s’imposent à moi. Je me dois de faire ressurgir l’essentiel, la beauté. Mon travail dans le métro new-yorkais n’est pas un reportage sur les SDF, mais plutôt sur le drame humain universel. Dans la photographie en général, c’est l’évidence du sujet qui prédomine, la reproduction de la réalité. Moi, je cherche ce qui n’est pas « photographiable », ce qui m’intéresse, c’est que les choses ne soient pas identifiées. J’ai souffert souvent d’être ostracisé en tant qu’arabe. Chasser l’autre, capturer son âme, ça ne m’intéresse pas. 

Y a-t-il une mise en scène ?

Jamais, surtout pas. La mise en scène n’est que de l’image préfabriquée, je ne suis pas un photocopieur. C’est en ce sens que je suis un anti-photographe. La condition que je pose, c’est justement qu’on ne pose pas pour moi, « Faites comme si je n’étais pas là ». Après avoir pris les photos, commence un long travail de tirage dans mon atelier. À titre d’exemple, le tirage d’un grand format avec tout ce que cela représente comme essais, dessins et découpages des caches, demande un minimum de 12 heures de travail. Je suis donc très loin de ces photographes heureux qui, dès qu’ils ont des négatifs satisfaisants, peuvent les tirer ou les faire tirer autant qu’ils le veulent, dans les formats de leur choix.

Vous êtes plus connu à New York, Shanghai ou Tokyo qu’à Paris. Pourtant vous avez passé une partie de votre vie dans ce pays ?

Je vous ai dit ce que mon travail devait au Maroc, mais au-delà de mes racines, tout ce que je sais, tout ce que je fais, je le dois à la France. Je mentirais si je disais que cela ne me rend pas triste que les institutions culturelles au Maroc ne s’intéressent pas à la démarche d’un artiste qui travaille et expose depuis plus de quarante ans. Comme on dit, nul n’est prophète dans son pays. À New York, c’est très différent, on ne juge que la qualité du travail, pas le fait de savoir si l’artiste est marocain ou plutôt français. J’ai l’immense honneur d’appartenir à la collection permanente du Jewish Museum of New York et de faire partie de collections privées exceptionnelles dans le domaine de l’art photographique. 

Votre travail artistique est dans la Maison Blanche aujourd’hui, quel est votre sentiment ?

Je remercie de tout mon cœur Sa Majesté le Roi de ce geste, il a pensé à moi et pourtant il y a d’autres artistes marocains. Imaginez, je suis un gamin de la Médina et mon travail artistique  se trouve dans la collection de la Maison Blanche à Washington. C’est un bon geste du Souverain qui soutient l’art et les artistes au Maroc.

Vous avez initié un projet de Maison de photographie dans la Médina de Casablanca qui a reçu le soutien de Sa Majesté dans le cadre du Grand Casablanca. Quand verra-t-il le jour ?

Je suis redevable à la rue de mon enfance, je suis à jamais l’un de ses gosses, mais qui a eu cette chance inespérée de réussir sa carrière artistique. J’ai une dette envers elle. C’est pour cela que j’ai ce projet de Maison de la photographie qui sera à sa façon une école. À travers le monde, il y a tellement de personnes qui  veulent apprendre avec moi. Je me suis dit : je vais les faire venir dans la Médina, cela va créer une dynamique, des emplois et surtout permettre aux jeunes de la Médina de se familiariser avec cet art et d’apprendre la photographie. J’ai la chance d’avoir le soutien d’un des plus grands architectes au monde, le Japonais Tadao Ando, qui a dessiné magnifiquement ce qui sera, j’espère dans les deux années à venir, cette Maison dédiée à l’art de la photographie. 

Une mésaventure qui dure

Il y a huit ans, Touhami Ennadre a pris la décision de venir vivre et travailler au Maroc, dans sa ruelle de naissance, et d’y installer son atelier d’artiste-photographe. Plein d’enthousiasme à l’idée de revenir dans son pays natal et de donner toute son énergie pour son développement sur le plan culturel et apporter son aide aux jeunes de ce pays, il s’est mis au travail en proposant plusieurs expositions de ses œuvres à Casablanca et Rabat. Les bonnes volontés pour aider cet artiste international à mieux se faire connaître dans son propre pays ont été nombreuses.  Il y est particulièrement reconnaissant. Parmi ces personnes, une Casablancaise passionnée d’art contemporain, qui s’est tout particulièrement engagée à ses côtés pour l’aider à mettre en œuvre ses projets d’exposition. Très vite, Touhami Ennadre lui accorde toute sa confiance et bien mal lui en a pris, déplore-t-il, car cette personne lui a dérobé, soutient-il, par la ruse, de nombreux biens personnels tels que ses papiers d’identité française, la lettre que Sa Majesté lui a adressée et autres papiers d’état-civil, environ 500 livres représentant son œuvre d’une valeur de 100.000 DH, mais également son unique et indispensable appareil photo. L’artiste, par respect pour la famille de cette femme, n’a pas porté plainte. Mais, cette dame s’est engagée par écrit à lui restituer la totalité de ses biens. Jusqu’à présent elle ne l’a toujours pas fait.


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​Driss Lachguar en Espagne

​Driss Lachguar en Espagne
Le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, présidera samedi 29 novembre à Gran Palas De Pineda dans la ville de Taragone  la séance d’ouverture du IVème Congrès provincial du parti en Espagne.   Ce Congrès est placé sous le thème “Participation politique pour une citoyenneté totale”.


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​L’UNTM au bord de la scission

​L’UNTM au bord de la scission
Les premiers dommages collatéraux de la non-participation de l’Union nationale du travail du Maroc (UNTM) à la grève générale du 29 octobre dernier commencent à se faire ressentir avec acuité. 
En effet, les membres du bureau national de la Fédération nationale du secteur de la santé (FNSS), affiliée à l’UNTM, ont déposé, récemment, leur démission provocant ainsi un séisme sans précédent au sein de cette centrale syndicale qui constitue le fer de lance du PJD. 
La lettre de démission a été signée par le secrétaire général de la Fédération, Abdelkader Tarfay et les 16 personnes qui composent le bureau national de ce syndicat.
Contacté par Libé, ce dernier nous a affirmé que les bureaux provinciaux et régionaux emboitent le pas au bureau national pour protester contre les positions de la direction de l’UNTM et la campagne de dénigrement menée contre le secrétaire général de la Fédération de la santé qui a pris part à la grève générale observée le 29 octobre dernier par les quatre centrales syndicales nationales les plus représentatives, à savoir la FDT, l’UMT, l’UGTM et la CDT.
« Nous avons pris démocratiquement la décision de participer à la grève générale préventive du 29 octobre après avoir consulté la base de notre  syndicat et nous avons assumé notre responsabilité », a-t-il assuré avant  d’ajouter que sa Fédération est fortement attachée à son autonomie et à l’indépendance de ses décisions.
La lettre de démission du bureau national de la FNSS révèle les remous que la décision de participation à la grève générale a créés et notamment l’intervention du secrétaire générale de l’UNTM, Mohamed Yatim pour imposer sa propre vision des choses. Elle rappelle que  le bureau national de la FNSS a pris la décision de participer à ladite grève au cours d’une réunion légale le 20 octobre 2014 et que le bureau national a tenu une autre réunion extraordinaire le 26 octobre 2014 à laquelle a pris part Mohamed Yatim, également membre dirigeant du PJD et qui a exhorté les membres du bureau national de revenir sur leur décision, mais que sa proposition a été rejetée à la majorité absolue. 
Une semaine après cette grève, la direction de l’UNTM avait démis Abdelkader Tarfay de ses fonctions sans prendre acte de sa version des faits. «Cette décision a été prise alors que j’étais hors du Maroc», a-t-il souligné.
Cette décision, signée par Mohamed Yatim, a enfoncé le clou. Les membres du bureau national se sont solidarisés avec Tarfay car ils considèrent que la direction de l’UNTM avait fait fi de la position «du bureau national de la Fédération en tant qu’institution assumant pleinement la responsabilité de ses décisions » et qu’elle s’en est directement prise à la personne du secrétaire général du syndicat de la santé.
« Mohamed Yatim a appliqué une décision prise à l’avance, sans respecter la  règle du droit qui consiste à demander des explications aux personnes mises en cause et à les  auditionner avant de prendre une quelconque décision à leur encontre», souligne-t-on dans ladite lettre. Et d’ajouter que le secrétaire général de l’UNTM a diffusé un communiqué de presse « avant de s’adresser aux intéressés, c’est-à-dire à la Fédération de la santé et à son secrétaire général, ce qui prouve qu’il a voulu satisfaire d’autres parties ».
Après ce divorce, quel chemin cette Fédération prendra-t-elle ? Restera-t-elle indépendante ou adhérera-t-elle à une autre centrale syndicale ? Abdelkader Tarfay a affirmé que sa Fédération est en train de négocier avec les centrales syndicales les plus représentatives du Maroc et que la décision finale sera prise prochaînement. 


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​L’hébergement des migrants, secteur touristique en plein essor en Italie

​L'hébergement des migrants, secteur touristique en plein essor en Italie
En Italie, les arrivées massives de migrants ont provoqué un boom des structures d’accueil et des subventions dont tentent de profiter hôtels de luxe et réseaux mafieux.
A l’hôtel de la Villa Mokarta à Salemi, dans l’ouest de la Sicile, la piscine a été vidée et les canapés et écrans plats des suites ont cédé la place à un alignement de lits pouvant loger jusqu’à huit demandeurs d’asile par chambre, chacun avec ses maigres possessions, un vieux sac à dos, éventuellement une Bible ou un Coran…
“Les réservations touristiques étaient tombées bien plus bas que 50%, alors nous avons décidé d’essayer plutôt l’hébergement de migrants”, explique Salvatore Cascia, gérant de l’établissement qui accueille depuis février quelque 140 demandeurs d’asile venus d’Afrique de l’Ouest et du Bangladesh.
Le gouvernement verse 30 euros (37,5 dollars) par jour et par migrant. A charge pour l’établissement de fournir 2,5 euros d’argent de poche, vêtements, logement et nourriture ainsi que des services spécifiques comme des cours d’italien, des soins psychologiques et une assistance légale.
Avec l’explosion des arrivées et des demandes d’asile (25.401 déposées au premier semestre 2014, presque autant que pour toute l’année 2013), des centaines de structures ont vu le jour à travers le pays.
Selon le ministère de l’Intérieur, elles accueillaient au 31 octobre quelque 32.335 demandeurs d’asile. A 30 euros par personne, il s’agit d’un business de près d’un million d’euros par jour. 
“Ici on mange, on fait un peu de sport et on se libère l’esprit”, explique à l’AFP Ebou Cham, un Gambien de 21 ans arrivé en janvier après trois mois d’une terrible épopée entre désert et mer, dans la petite salle de sport de la Villa Mokarta, qui propose aussi baby-foot, télévision par satellite, wifi gratuit et un jardin potager cultivé par les migrants.
Dans cette région de Sicile, la Villa Mokarta n’est que l’une des 32 structures — hôtels en bord de mer ou dans l’arrière-pays, résidences de vacances, anciennes écoles ou maisons de retraite — qui se sont transformées en centres d’hébergement depuis un an.
Selon M. Cascia, cela apporte “l’oxygène” qui manquait à l’économie locale, plongée dans une profonde récession. Mais ces structures s’ouvrent souvent dans les zones défavorisées, où la présence des migrants cristallise la colère.
La semaine dernière, des riverains réclamant que les aides publiques se concentrent sur les Italiens ont ainsi attaqué un centre dans l’est de Rome, obligeant les autorités à évacuer les mineurs.
Et des organisations comme Caritas ont aussi prévenu que dans les terres pauvres où la mafia règne, une grande partie des fonds risque d’être accaparés par le crime organisé.
“L’argent coule à flot, des millions d’euros, remis sans faire d’appel d’offres ni vérifier que les structures sont certifiées antimafia”, dénonce ainsi Mario Michele Giarrusso, sénateur sicilien du Mouvement cinq étoiles de Beppe Grillo. “C’est un immense scandale”. 
Des enquêtes de police ont révélé que certains centres entassaient les migrants dans la saleté en les nourrissant à peine. Et sans arriver à ces extrêmes, beaucoup de centres ont été montés avec des fonds mafieux et fonctionnent avec des fournisseurs “amis”, assure-t-il.
Pour Don Sergio, chef de Caritas à Palerme, le pire n’est pas que “beaucoup cherchent à se faire de l’argent sur le dos de ces pauvres diables”, mais que certains rognent sur les services comme le soutien psychologique, essentiel à qui vient de fuir la guerre et les persécutions.
“Ce sont des gens qui ont été exploités, violés — et ne je parle pas que des femmes. Ils ont dû venir jusqu’en Italie en quête d’un meilleur avenir, mais si on ne les aide pas, l’inquiétude gagne et cela peut mener à des violences”, explique-t-il. 


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Le bilan des frappes du régime syrien sur Raqa s’aggrave

Le bilan des frappes du régime syrien sur Raqa s'aggrave
Au moins 95 personnes, dont de nombreux civils, ont été tuées par les frappes menées mardi par l’aviation de Bachar al-Assad sur Raqa, fief du groupe Etat islamique (EI), selon un nouveau bilan établi mercredi par une ONG.
 L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a indiqué qu’au moins 52 des victimes étaient des civils, en précisant ne pas être en mesure de déterminer si les autres étaient ou non des jihadistes de l’EI, qui contrôlent Raqa.
 Un précédent bilan, établi mardi soir, faisait état de 63 morts. Selon le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, certains secteurs touchés sont proches des positions de l’EI et plusieurs jihadistes auraient été tués.  Les deux raids aériens successifs ont visé la zone industrielle de Raqa. “A la suite du premier raid, les gens ont accouru pour secourir les victimes et c’est à ce moment-là que le second s’est produit”, avait expliqué mardi M. Abdel Rahmane.
 Des vidéos diffusées sur internet par des militants de Raqa montrent des corps ensanglantés gisant dans une rue à proximité de l’un des sites visés, alors qu’une ambulance se précipite sur les lieux.
 Raqa est le seul chef-lieu de province que contrôle le groupe extrémiste sunnite EI depuis son apparition en Syrie au printemps 2013, et la ville est devenue son bastion. 
Le régime n’a commencé que cet été à mener des raids sur les positions de l’EI, dans le nord et l’est de la Syrie.
 Le 6 septembre, huit frappes aériennes de l’armée avaient tué 53 personnes, en majorité des civils, à Raqa, selon l’OSDH.
Des positions de l’EI à Raqa et ses alentours ont en outre été prises pour cibles ces dernières semaines par des avions de la coalition internationale conduite par les Etats-Unis.
Ces raids contre les ultra-radicaux ont été menés la veille d’une réunion cruciale à Sotchi entre une délégation syrienne de haut niveau, conduite par le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem, et le président Vladimir Poutine. Son objectif déclaré est de relancer les pourparlers de paix entre le régime et une partie de opposition.
 Selon le journal al-Watan, proche du régime, la Russie, principal allié du régime syrien, veut tenter d’organiser un “dialogue syro-syrien” à Moscou, incluant notamment des opposants “indépendants” de la Coalition de l’opposition, principal groupe opposant à Bachar al-Assad.
 “Le fait que M. Poutine reçoive la délégation dès son arrivée montre l’importance qu’il accorde à cette visite, car d’habitude les réunions à Moscou se tiennent avec le chef de diplomatie Serguei Lavrov”, a confié à l’AFP un haut responsable syrien sous couvert de l’anonymat.
 Lors d’une étape à Beyrouth mardi soir, M. Mouallem a expliqué à des responsables libanais proches de Damas que la délégation n’allait pas à Sotchi avec un plan, mais plutôt avec des questions sur les idées concoctées par les Russes, selon les confidences à la presse d’un des participants.
 Parmi ces questions figurent l’attitude de la communauté internationale vis-à-vis des idées russes, et l’identification des groupes d’opposants assez forts sur le terrain pour appliquer un éventuel accord.
 “La rencontre portera essentiellement sur les idées proposées par Moscou pour réunir l’Etat et ‘une opposition’, et amorcer un premier dialogue”, avait indiqué à l’AFP Waddah Abed Rabbo, rédacteur en chef d’al-Watan. 


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​Après le drame de Guelmim, l’opposition réclame une commission d’enquête et fustige l’absence du gouvernement

​Après le drame de Guelmim, l’opposition réclame une  commission d’enquête et fustige l’absence du gouvernement
«La réponse faite par le ministre de l’Intérieur aux députés qui l’ont interpellé sur la tragédie de ces 36 personnes mortes à cause des intempéries ce week-end est véritablement scandaleuse. M. Hassad a réduit cette catastrophe humaine et naturelle à une alerte météo qui n’aurait pas été respectée.  Et pour lui, ce qui s’est passé, le drame qui s’est produit est de la faute des citoyens». Ce député de l’Union socialiste des forces populaires ne décolère pas. Ce mardi après-midi sous la Coupole, le ministre de l’Intérieur a répondu aux interpellations  nombreuses des élus de la Nation qui ont voulu comprendre ce qui s’est produit dans cette localité de la région de Guelmim,  savoir ce qui s’est réellement passé et conduit à la mort de plusieurs dizaines de personnes, cerner les responsabilités. Les questions des députés sont claires. L’heure est grave, le pays est en deuil.
Les réponses du locataire du département de l’Intérieur tombent. Sèches et  froides, comme une sentence sans appel. Les chauffeurs de taxis et d’autocars n’ont pas écouté les alertes météo ni respecté les consignes de sécurité. « Voila pourquoi il y a eu autant de morts, c’est de la faute de ces chauffeurs qui ont bravé les crues et emprunté des routes inondées », dira-t-il en substance.
Ce ténor du parti de la Rose a du mal à cacher son indignation. «Le ministre de l’Intérieur réalise-t-il seulement ce qu’il avance lorsqu’il affirme du haut de la tribune du Parlement que les Marocains ont été informés des bulletins d’alerte de la météo nationale ? Dans ces régions enclavées, isolées et qui manquent de tout, combien sont-ils à disposer des moyens d’informations ? Il y a plus d’une trentaine de morts, des disparus et M. Hassad  a évacué l’essentiel en incombant la responsabilité de ce drame qui a frappé non seulement une région mais tout un pays et sa population».
Dans le camp de l’opposition, la colère est vive et les critiques virulentes.  Ce parlementaire appartenant au Parti authenticité et modernité regrette que le ministre de l’Intérieur en super avocat du gouvernement Benkirane ait occulté la précarité dans laquelle vit cette région de Guelmim. «Les infrastructures y sont réduites à leur plus simple expression pour ne pas dire inexistante. M. Hassad s’est fait oublieux de cette question. Des routes ont été coupées. Des maisons en pisé se sont effondrées. Rien n’est fait pour endiguer les crues. Le ministère de l’Equipement a une part de responsabilité dans ce qui s’est passé. Mais on se garde bien de le reconnaître. On préfère mettre en cause les Marocains, affirmer qu’ils sont des inconscients et des irresponsables devant le danger. C’est une insulte aux citoyens de ce pays ! », s’exclame notre interlocuteur pamiste. 
Une population inconsciente donc aux yeux de ce responsable gouvernemental et seule responsable de la tragédie. Le  patron de la gendarmerie Royale, le Général Housni Benslimane, a failli porter plainte contre ces chauffeurs de taxis et d’autocars, a même révélé le ministre de l’Intérieur avant de poursuivre presque sarcastique : «Le destin en a voulu autrement».
Les partis de l’opposition ont demandé la constitution d’une commission d’enquête parlementaire pour que soient déterminées les responsabilités dans cette catastrophe. Dans les états majors politiques, on est prompts à le relever : il y a eu des défaillances, des erreurs, des fautes. « Il est urgent de mettre  en place un dispositif de sécurité permanent dans les points dits sensibles ou dangereux. A l’évidence, une cellule de crise consécutive à une alerte météo n’est pas une solution suffisante », déclare cet Usfpéiste blanchi sous le harnais. 
Reste enfin l’incompréhension devant l’absence totale du gouvernement des lieux de la tragédie. «Le chef du gouvernement et les ministres concernés auraient dû se rendre sur place, rencontrer les populations, regarder de plus près les dégâts, les défaillances. Le gouvernement Benkirane se cache derrière l’alibi du chef de l’Etat qui donne ses instructions. Rien n’empêche cet Exécutif de remplir ses prérogatives y compris en allant vers une population endeuillée qui mettra longtemps à panser ses plaies», conclut cet ancien ministre du parti de la Rose.
 


​Aide alimentaire aux habitants des zones sinistrées d’El Haouz 649 foyers répartis sur 15 douars concernés
Deux hélicoptères de la gendarmerie Royale ont été mobilisés, mardi, pour acheminer une aide alimentaire aux populations sinistrées par les crues à Tighdouine (Cercle Touama, province d’El Haouz), a-t-on appris auprès des autorités locales.
Les deux hélicoptères s’activent à enchainer les rotations, en fonction des conditions climatiques, pour faire parvenir les denrées alimentaires aux habitants de 649 foyers répartis sur 15 douars de cette commune rurale située en relief montagneux, précise-t-on de même source.
Depuis le week-end dernier, la région a été affectée par des crues exceptionnelles des oueds et cours d’eau, notamment oued Zat qui a isolé cette commune en débordant sur les routes et pistes qui la desservent. Les autorités locales et des comités de vigilance de la province d’El Haouz se sont mobilisés, depuis la nuit de vendredi à samedi, pour faire face à des crues exceptionnelles de plusieurs oueds et cours d’eau à la suite des fortes précipitations.
Les crues de l’oued Zat (au niveau du cercle Ait Ourir) et oued Ourika (commune Tnin Ourika) ont occasionné l’interruption de la circulation, au niveau des ponts, sur plusieurs axes routiers.
Les fortes crues ont occasionné l’effondrement de quelques maisons en pisée inhabitées. A titre préventif, les comités de vigilance (province, services de l’équipement, protection civile, gendarmerie Royale, forces auxiliaires) constitués auprès de l’ensemble des cercles se situant dans les zones à risque, ont évacué les habitants des maisons à proximité immédiate des oueds en crue.
Selon les autorités locales, outre les quelques maisons effondrées, ces inondations ont endommagé plusieurs petits ponts sur Oued Ourika et Oued Zat, mais sans faire de victimes.


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